D’abord il y a les neufs nuits de la déesse. Et le dixième jour du mois d’ashvin (qui marque le début de l’automne), les feux d’artifices sont lancés et Vijyadashmi (ou Dusshera) est célébré.

Nous parlons d’hindouisme. Plus de 5000 ans d’histoire. Quelques milliers de dieux et déesses. Près (ou peut être bien plus !) d’un milliard de pratiquant. Il est rare qu’un festival (surtout un festival aussi important que Vijyadashmi) n’ait qu’une seule histoire qui explique son origine. Tant mieux, d’ailleurs. Comme ça, l’année prochaine, pour la même fête, vous aurez une histoire complètement différente !

Lorsque j’étais enfant, on ne se souciait pas autant des origines ou des raisons d’être des choses. Dusshera, et les neufs nuits précédentes, ne représentait qu’une seule chose : Ram Lila, les jeux qui duraient jusque tard dans la nuit, et plein, plein, plein de gâteaux !

Un peu de contexte. Ramayana est la plus ancienne des épopées indiennes. Il raconte l’histoire du prince Rama (le 7ème avatar de Vishnu) qui est banni de son royaume pendant 14 ans avec sa femme, Sita, et son frère, Laxman. Durant la dixième année de leur bannissement, Ravan, le roi des démons, kidnappe Sita. Ram et Laxman, aidés par une armée de singes, attaquent le royaume de Ravan et, après une grande guerre, parviennent à tuer Ravan et libérer Sita.

Durant les neufs nuits qui précèdent Dusshera, de grands carnavals sont organisés partout à Delhi. On y allait tous –famille, amis, voisins et étrangers. Les acteurs jouaient la vie de Rama sur scène. Les vendeurs nous interpellaient avec leurs faux arcs et épées. Delhi est vraiment la capitale du street-food. Mais les odeurs qui assaillaient nos sens gustatives durant cette période étaient d’une toute autre envergure ! Et le dixième jour ? Le matin on priait aux armes (les fausses et les vraies !). Le soir, on retournait au carnaval où les effigies de Ravan, son fils et son frère étaient construites. On regardait avec joie quand ils mettaient feu à ces effigies. Les feux d’artifices éclataient de partout. L’air, à peine respirable, vibrait de joie et de rires.

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Ce n’est que plus tard que j’ai appris que Dusshera n’est pas juste une longue semaine de fêtes et de feux d’artifices. C’est aussi la commémoration de la victoire de dharma (ce qui doit être fait pour assurer une société paisible) sur adharma (ce qui ne doit pas être fait). Et les dix têtes de Ravan représentent les dix défauts de l’être : luxure, colère, attraction, cupidité, orgueil, jalousie, égoïsme, injustice, cruauté et égo.

Cette année, Dusshera sera célébré mardi, le 8 Octobre. Je n’y serais pas, mais j’espère qu’il y aura plein de joie partout en Inde (avec un peu moins de feu d’artifice… l’air de Delhi est devenu irrespirable même sans cela !). Chez Yoga Laboratorium ? J’ai ma pratique personnelle, bien entendu. Mais Yoga Laboratorium est encore trop jeune pour organiser quelque chose pour cette fête. Cependant, j’espère que l’année prochaine, non seulement je reviendrais vers vous avec une nouvelle histoire de Dusshera, mais aussi une invitation pour venir le fêter avec nous !

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