Home » Pensée » Yoga en action
Yoga in Action - Gandhi durant Salt March

Yoga en action

Pourquoi pratiquons-nous Yoga ? Est-ce simplement pour notre propre bénéfice : pour notre santé, notre esprit et notre élévation spirituelle ? Ou Yoga a-t-il un plus grand rôle à jouer dans notre société ?

L’histoire d’Arjuna

Le texte le plus profond sur la philosophie de Yoga est peut-être la Bhagavad Gita. Les deux protagonistes de ce texte sont Arjuna, le plus grand guerrier de son époque, et Krishna, l’avatar de Vishnu. Ils sont sur le champ de bataille. La guerre est sur le point de commencer. Et pour gagner cette guerre, Arjuna doit tuer ses cousins, ses oncles, ses grands oncles – les gens qu’il aime depuis qu’il est enfant.

Comme vous pouvez l’imaginer, l’arc est particulièrement lourd dans la main d’Arjuna. Son esprit est rempli de doute sur ce qui est bien et ce qui est mal.

Tout au long des 18 chapitres de la Bhagavad Gita, Krishna explique les mystères du cosmos et le chemin de l’ordre éternel (Dharma) vers Arjuna. Un passage particulier me vient à l’esprit :

« Krishna », dit Arjuna après que celui-ci lui ait expliqué l’importance de la connaissance dans la voie du Yoga, « si vous considérez la connaissance comme supérieure à l’action, alors pourquoi me demandez-vous de mener cette terrible guerre ? Je suis confus avec ce conseil ambigu. Veuillez me dire une fois pour toute le chemin par lequel je pourrais atteindre le plus grand bien. »

A cela, Krishna répond : « Je vous ai expliqué deux chemins vers l’illumination : le chemin de la connaissance et le chemin de l’action (karma). Mais on ne peut pas se libérer du karma en s’abstenant de ses devoirs. On ne peut pas non plus atteindre la perfection de la connaissance en suivant le chemin du renoncement. » (Bhagavad Gita III.1-4)

Et c’est peut-être la chose la plus difficile à accepter pour un yogi : malgré des décennies et des décennies passées dans la contemplation et la méditation… ce n’est pas assez.

Mes erreurs

J’ai commencé sur la voie de Yoga parce que j’étais curieux des mystères de la vie. En marchant sur le chemin, j’ai rapidement réalisé à quel point j’avais peu à dire dans ma propre vie. Mon esprit, ses émotions, ses désirs et ses peurs me contrôlaient. Je n’agissais pas. Je réagissais simplement à la vie.

Je n’ai pas aimé. J’ai rapidement réalisé que Yoga était le seul moyen de me libérer des chaînes qui contraignaient mon esprit.

Le Delhi où j’ai grandi était un endroit difficile (et il l’est devenu encore plus). Mais je n’ai pas laissé cela me distraire. Mon chemin était Yoga. Pourquoi aurais-je du me soucier de ce qui se passe dans le reste du monde ? D’autant plus que cela n’aurait fait que m’éloigner de la tranquillité d’esprit dont j’avais besoin pour progresser sur mon chemin.

Quand j’ai déménagé en France, la même approche individualiste de Yoga s’est poursuivie. Je ne pensais pas que j’allais à l’encontre des enseignements de la Bhagavad Gita. Chaque fois que quelqu’un me demandait mon avis, je faisais de mon mieux. Si je voyais quelqu’un qui avait besoin d’aide, j’aidais si je le pouvais. Mais je n’ai pas non plus fait tout mon possible pour m’inquiéter des problèmes plus vastes liés à la société et au climat. J’étais certain que c’était la bonne chose à faire.

Mais au cours de ces dernières années, des doutes ont commencé à émerger.

Le chemin de la non-violence

Il y a plusieurs choses auxquelles je crois fermement :

  1. Ahimsa parmo dharma : La non-violence est le plus grand de tous les devoirs. Que ce soit par les pensées, les paroles ou les actes : il n’y a jamais aucune raison de nuire à quelqu’un.
  2. Les vraies transformations ne peuvent se produire qu’au sein d’une personne. Et cette personne doit vouloir se transformer. Vous ne pouvez imposer pas une transformation à quelqu’un.
  3. La tranquillité d’esprit est de la plus haute importance. Si l’esprit n’est pas en paix, nous perdons toute objectivité.

Mais quand la violence éclate autour de moi et que je ne fais rien (ou pas grand-chose), suis-je vraiment en train de suivre le chemin de la non-violence ? En ne prenant pas position contre les injustices sociales, ne suis-je pas non plus complice de ceux qui infligent ces injustices ?

Mon esprit est en paix. Mais qu’en est-il de ceux à qui j’enseigne ? Ceux qui commencent tout juste sur le chemin de Yoga et doivent affronter les épreuves et les tribulations de la vie moderne ? Quel est mon devoir envers eux ? Simplement leur apprendre ce que j’ai appris ou agir de manière à faciliter ces épreuves ?

Le simple fait est que nous sommes en guerre. Que nous regardions l’imminence de la catastrophe climatique, l’accroissement de la violence dans la société ou la pléthore d’injustices sociales ; nos actions nous ont gravement mis en danger.

Mais quel est mon devoir dans ce contexte ? Je cherche toujours la bonne réponse. Qu’en pensez-vous ? Quel est notre devoir ? Devrions-nous simplement nous concentrer sur notre propre chemin et laisser le monde faire ce qu’il veut ? Ou devrions-nous prendre position ?

This post is also available in: English

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Retour haut de page
%d blogueurs aiment cette page :